Les deux principales réformes de la DGTCP s’articulent autour de
Base légale
Un principe fondamental gouverne la gestion des finances publiques en RDC ; il s’agit du principe de la séparation des ordonnateurs et des comptables. Selon le Décret n° 23/37 du 24 octobre 2023 fixant les procédures de paiement et de comptabilisation de la dépense publique, cette séparation vise à renforcer, en l’améliorant, le contrôle de la régularité des dépenses et à instaurer l’efficacité du travail. Le principe de séparation participe donc à la qualité de la gestion publique. Les réformes de la DGTCP en RDC incluent la création du Réseau National des Comptables (RNC) et l’instauration du Compte Unique du Trésor (CUT). Le principe de séparation entre ordonnateurs et comptables vise à renforcer le contrôle des dépenses et à améliorer la gestion publique. Le Comptable Public (CP) est responsable de la manipulation des fonds et de la comptabilité budgétaire et générale. Le RNCP regroupe les comptables directs du trésor et les comptables des administrations financières, avec une hiérarchie permettant la centralisation et la consolidation des données financières.
(a) Base légale
La mise en place d’un CUT permet au ministre des Finances de contrôler l’allocation des crédits en surveillant les encaisses liquides de l’Etat. La dispersion des ressources publiques dans les banques commerciales permet à ces dernières d'utiliser les fonds de l’Etat, créant parfois des difficultés financières pour ce dernier. Le CUT aide à réduire les coûts de financement et maximise les rendements, permettant à l’Etat d'emprunter uniquement en cas d'extrême nécessité et d'investir les excédents de trésorerie.
Fort de cette réalité, le législateur congolais a instauré le principe de l'unité de trésorerie dans la LOFIP. Selon l'article 110, toutes les administrations et les services publics doivent déposer leurs fonds dans le compte général du trésor à la Banque Centrale du Congo, sauf disposition contraire d'une loi de finances. L'article 99 du RGCP réaffirme ce principe pour toutes les administrations publiques et les projets budgétaires au niveau du pouvoir central des provinces, des ETD ainsi que des organismes auxiliaires. Les comptables publics communiquent quotidiennement les mouvements financiers au pouvoir central, aux provinces et aux entités territoriales décentralisées.
Le CUT a pour but d'améliorer la gestion de la trésorerie de l'État en rendant toutes les liquidités publiques interchangeables grâce à une structure unifiée des comptes bancaires des administrations publiques. Cela permet de disposer d'informations complètes et en temps réel sur les avoirs liquides de l'État, afin de réduire les coûts des emprunts et les frais liés aux services bancaires, comme les commissions et les transactions bancaires, tout en diminuant les risques de dispersion des ressources. En outre, cette approche facilite la coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire, contribue à une gestion efficace de la politique de la dette publique et permet un suivi rigoureux des excédents et déficits budgétaires.
(b) Structure du CUT
La réforme des finances publiques en cours en RDC, soutenue par le FMI, prévoit la mise en place d’un Compte Unique du Trésor (CUT) s’appuyant sur une architecture centralisée à la Banque Centrale du Congo (BCC) en tant que détenteur des fonds de l’Etat. Cette structure vise à consolider l’ensemble des ressources de l’État et à améliorer la visibilité, la traçabilité ainsi que l’efficacité de la gestion des fonds publics.
De manière synthétique, on peut présenter la structure du CUT comme suit :